2017 - Le recap

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Le moins que je puisse dire, c’est que ce fut une année forte en émotions. 

 

Elle a commencé avec mon installation à l’atelier d’Asnières-sur-Seine, une chose inattendue et pour laquelle j’étais désespérée. Ce qui me fait encore aujourd’hui sourire, c’est la manière et la rapidité avec laquelle s’est faite cette installation. C’est sorti de nul part en Décembre 2016, tout comme l’année d’avant en Décembre 2015 l’opportunité de m’installer à l’atelier de Montreuil m’était tombé dessus comme par magie. Je pense que l’hiver est toujours une période de renouveau pour moi, que ce soit au point de vue professionnel ou personnel. En m’installant à Asnières, j’ai pris un nouveau souffle et ai donné un nouvel élan à Arts of Zaman. En Janvier, j’y ai passé 10 jours à travailler sans relâche sur la réalisation de deux tableaux originaux à exposer pour le festival Klusters. Une première pour moi, une mini-expo de mes travaux que vous connaissiez déjà et les deux originaux, mais qui valait énormément à mes yeux car j’ai toujours rêvé d’exposer mon travail, et j’ai bien des ambitions à ce sujet, mais que ma toute première soit orchestrée par Monsieur Charles Klusters, qui croyant en mon talent m’a donné ma place avant même de savoir ce que j’étais capable d’exposer, restera un souvenir inestimable. J’ai eu peur, très peur, d’exposer mon travail aux yeux de tous. Au jugement de tous. Mais je l’ai fais.

Une fois que l’on dépasse une de ses peurs, il est plus simple d’oser se confronter aux autres. Et une de mes autres peurs était d’organiser un évènement, et que personne ne vienne. Peur du flop! Et à ma grande surprise, et grande émotion, mon premier événement « #GirlsOnlyDay » fut tout sauf un raté! En février le salon de thé Yummy Creation nous a ouvert ses portes pour cette première, en compagnie de Lauraa Brown (makeup artist) et Jessica Delachance (nail artist), et à ma grande surprise... la boutique était bondée toute la journée. Certaines ont attendu 2 heures avant d’être tatoué, et la queue n’en finissait pas. J’ai flotté sur un petit nuage toute la soirée, heureuse de voir tant d’entre vous se déplacer, attendre, et me montrer par là votre appréciation et soutien. Comme quoi, se confronter à ce qui nous fait peur se finit plus souvent mieux qu’on ne le pense.

Mars! Le mois de mon anniversaire! Et autant dire que j’ai été bien gâtée. Yard, le plus gros média urbain français a fait paraître une interview avec moi. Ce fut un peu une consécration pour moi, car je me suis sentie comprise dans mon envie de créer des oeuvres qui me ressemblent dans tout ce que je suis, et transcendent donc temps et cultures. J’ai aussi eu la chance en Octobre 2016 (si je m’en souviens bien) de participer au photoshoot de l’album « Méditerranéennes » de Julie Zenatti. Un album qui me ressemble aussi, par son titre, par son message, par les artistes qui y ont participé et que j’ai eu le plaisir de tatouer à cette occasion (Julie Zenatti, Chimène Badi, Slimane, Samira Brahima, Elisa Tovatti, Nawel Ben Kraïem). Grande mélomane et ce depuis toute petite, de me retrouver mêlée à ces projets musicaux comme ça a déjà été le cas l’an dernier avec l’album d’Ishtar me rappelle l’enfance où je me disais que tout était impossible, où je ne pouvais que rêver de prendre part -même minime- à l’industrie de la musique, et me voilà, un jour de Mars où l’on me fait enfin le cadeau d’avoir l’album entre les mains. Je suis émue, mais la déception s’installe lorsque je me rends compte que je ne suis pas créditée pour mon travail comme il en convient normalement. Mais je reçois des tonnes de photos de vous sur Instagram et Snapchat, me montrant les photos que l’on retrouve dans la presse de mes tatouages sur Julie Zenatti, et de vous voir si contentes et fières m’a un peu fait oublier cette « mésaventure » qui m’a servi de bonne leçon. Je pense d’ailleurs que 2017 est l’année où j’ai le plus appris les « do’s and dont’s » du monde professionnel, alors je prends le bon côté des choses et me sens plus armée pour 2018.

Mais parfois, on tombe aussi sur des professionnels comme on aimerait en côtoyer tout les jours. En Avril, Shop The Designers fait appel à moi pour leur évènement « Casa-Paris », un pop-up store dédié à la nouvelle scène de créateurs marocains. Je me suis sentie honorée que l’on me demande de réaliser des tatouages au henné lors de la soirée presse car les organisatrices, les créateurs, et la majorité des invités, sont marocain(e)s. Et pour moi, qui suis aussi marocaine et exploite un art traditionnel marocain, ça a été comme un tampon d’approbation. Je suis une artiste marocaine, je fais un travail inspiré du Maroc, et les marocains l’apprécient. C’est l’événement le plus parfait pour lequel j’ai travaillé cette année, car les deux magnifiques femmes derrière Shop The Designers ont un professionnalisme aussi grand que leur coeur. Puis rebelote avec « #GirlsOnlyDay2 » qui se tient cette fois dans le restaurant HoBo, et qui rencontre le même succès que la première édition alors que je m’attend à un réel flop cette fois, remettant le succès de la première sur le hasard, la curiosité, la nouveauté… En 2018, j’espère apprendre à accepter que le succès de mon travail n’est pas qu’un concours de circonstances qui dure depuis 4 ans. Les clientes sont nombreuses, les tatouages s’enchaînent, les rencontres aussi. Je revois les fidèles, et certaines venues de bien loin. Je n’ai pas fais de « #GirlsOnlyDay3 » après Avril, car à cause d’une rencontre en Mai, le temps à partir de là est passé vite, très vite…

Je l’ai croisée pour la première fois il y a 4 ans, sur Youtube, probablement pendant les (très longues, haha) pauses que je m’accordais durant mon travail à la création d’Arts of Zaman, alors qu’elle nous montrait comment faire un contouring. La première française à nous montrer comment faire un vrai contouring à l’américaine, et quand je l’ai vu faire, si « extra », je me suis dis qu’elle et moi on s’entendrait plutôt bien. Je ne le savais pas encore mais elle allait tomber quelques mois plus tard sur ma page Instagram qui débutait alors. Elle s’y est abonnée parmi les premières, l’a partagé sans rien me demander, et a passé une de mes premières commandes pour une coque de téléphone, avec une khamsa, dessin qu’elle apprécie tant. « Big Is Beautyful », la lyonnaise. Nous nous étions rencontré il y 2 ans lors d’une de ses visites à Paris, et elle voyait déjà de grandes choses pour Arts of Zaman, bien plus grandes que mes plus grandes espérances. Je n’ai pas eu l’occasion de la tatouer ce jour-là, et nous ne nous sommes plus revues jusqu’en Mai 2017. J’ai alors enfin eu le plaisir de la tatouer (encore des khamsa), et de discuter avec elle l’idée de ce qui deviendrait par la suite son premier événement, et ma première participation hors de la région parisienne.
 
Alors en Juin, en Juin.. il s’est passé quelque chose que j’attendais depuis extrêmement longtemps! A force d’essais non concluants, d’erreurs dont j’ai appris, ma calligraphie arabe s’est affutée et une écriture qui m’est propre est enfin née. Le summum de l’accomplissement pour un artiste est de se découvrir une patte, quelque chose de reconnaissable et différent des autres. J’ai commencé à construire une typographie arabe qui me satisfait, et vous l’avez validé, vous m’avez demandé de vous en vendre, de vous en tatouer, vous avez liké et commenté; bref j’ai encore grandi d’un tout petit cran en tant qu’artiste, et j’espère que cela continuera ainsi en 2018, car quand on s’est trouvé et bien il faut se réinventer. Durant ce mois, qui était aussi le mois de Ramadan, Big Is Beautyful a annoncé sa « Big Beauty Party » à Lyon, à laquelle j’allais participer, et de voir l’engouement des lyonnaises m’a rendu heureuse, si heureuse…

Je crois que le 2 Juillet 2017 a été une des plus belles journées de mon année. Premier événement hors de la région parisienne, avec une de mes désormais meilleures amies, découverte d’une ville dont je tombe amoureuse, rencontre de clientes pour lesquelles j’ai un coup de coeur. Tout les éléments étaient réunis pour que cette journée soit merveilleuse, et elle l’a été, bien plus que je ne me l’imaginais. Pour d’autres raisons, le reste du mois de Juillet a été on ne peut plus difficile, tout comme l’avait été Juin, mais ce 2 Juillet m’a permit de passer au dessus. Comme quo,i elle est bien réelle cette histoire de jauge d’énergie à l’intérieur de nous, qui se vide et se rempli. Et ce premier week-end de Juillet a tellement fait exploser ma jauge, que même avec tout ce qui m’attendait de pas très fun pour la fin de 2017 et qui a fait baisser son niveau comme jamais, ca m’a permis d’avoir tout de même de la marge avant de toucher le fond. Plus tard, quand j’ai atteind ce fond, j’ai quand même pu me raccrocher au souvenir de cette journée à tatouer certaines d’entre vous, à la veille et l’avant-veille où le coeur léger comme une enfant je découvrais la beauté de Lyon en compagnie de personnes devenues chères à mon coeur. Encore une fierté à ajouter à cette année, celle que mon travail ai voyagé donc hors de Paris, mais aussi hors de la France (bon, il a voyagé sans moi pour le coup, haha). J’ai eu écho de vos rencontres avec des personnes qui connaissaient mon travail au Canada, en Espagne, au Portugal, et au Japon, et ça comme dirait l’autre… « ça fait plaisir »!

Je n’ai pas tardé à retrouver Lyon une deuxième fois en Août, où j’ai eu le plaisir de découvrir la boutique Shop And The City qui nous a accueilli dans des conditions on ne peut plus idéales, avant de m’accorder un repos bien mérité le restant du mois. Le repos fut tout de même de courte durée car dès Septembre je suis repartie à l’aventure, au Maroc cette fois-ci, pour proposer mon travail à qui le voulait bien. Et à ma grande surprise, pas mal de monde le voulait bien. De sentir son travail si apprécié dans le pays où il trouve origine est, comme je l’ai abordé plus haut, priceless. Deux événements, dans mes deux villes d’origines, dans deux concept stores pour lesquels j’ai eu un gros coup de coeur: Me Now à Casablanca et Bee On 6th à Rabat. Il faut dire que c’était un gros challenge à relever, car maintenant, 8 mois après mon premier « #GirlsOnlyDay » en Février, organiser un événement n’était plus réellement un défi ni une peur. Mais organiser un événement dans un autre pays (sur autre continent!), sans contacts ni relations professionnelles, sans public ni audience,  c’est presque mission impossible. C’était sans compter sur une des plus belles rencontres que j’ai fais ce 2017, Zineb Rachid, « the » influencer marocaine, avec qui j’ai partagé quelques likes et quelques DM sur Instagram au cours de l’année, et avec qui le courant est passé instantanément. J’avais grande hâte de la tatouer, car j’aime offrir cette petite part de moi aux gens qui parlent à mon coeur, qui m’offrent des choses immatérielles que j’ai envie de leur rendre à ma manière, et Zineb Rachid m’a fasciné par sa douceur dans ce monde où à priori la douceur et la réelle gentillesse ne sont pas les qualités requises pour la réussite, bien au contraire. Vous l’avez peut-être remarqué, mais je ne suis pas une grande fan des échanges de service, communément appelés « partenariat » ou « collab » (j’ai d’ailleurs fais un post Instagram à ce sujet cette année qui vous a bien fait rire et bien marqué car beaucoup m’en reparlaient des mois après, haha). Je n’en ai pas fait du tout cette année, et j’en ai rarement fait depuis mes débuts en 2014. Je préfère les choses vraies, organiques, je préfère offrir avec le coeur qu’échanger des coeurs sur Instagram, et les intentions sincères payent. J’ai rencontré Zineb, sa communauté m’a découverte, et Me Now, et Bee On 6th, et ça été gé-nial. 

Octobre a été particulier, car en Octobre la vie personnelle a prit le dessus sur la vie professionnelle. Et dans un cas comme le mien, qui dans mon travail doit donner de ses tripes et puiser en soi pour sortir le meilleur en terme de créativité et imagination, les deux vies sont étroitement liées et la limite entre elles est floue. Quand la jauge dont je vous parlais plus haut est vide, il n’y a plus rien à donner. Donc j’ai annoncé faire un pause, et en ai expliqué les raisons dans un article on ne peut plus intime et personnel sur le blog (qu’il ne sert à rien de rechercher car je l’ai supprimé). Petit à petit je reprends du service, et comme souvent partir permet de mieux revenir. Vous pouvez vous attendre à beaucoup de belles choses pour 2018, je ferai le maximum pour vous combler artistiquement, comme vous m’avez comblé humainement. Car ce que je retiens du mois d’Octobre, des mois qui l’ont précédé, et de ceux qui l’ont suivi jusqu’à aujourd’hui, c’est une quantité d’amour et de soutien aussi grande que mes maux. Vous avez été mon plus beau cadeau du ciel en 2017. Merci pour cette si belle année, et à de nombreuses autres ensemble.

 

 

Je ne peux pas faire le recap de 2017 sans parler de Sarah, aka Jileau aka "Salut les internautes!", que vous êtes nombreuses à désormais connaitre via mon compte Snapchat et à avoir rencontré à l'atelier. Sans toi Jileau cette année n'aurait en rien été ce qu'elle a été. Merci...

Pour les fous rires, pour les soirées Miyako Sushi, pour tes thés après les soirées Miyako Sushi, pour ton make-up et ta garde-robe en libre service, pour toutes les fois où tu t'es pliée en 4 pour tout me faciliter, pour tes toasts oeuf fromage du matin, tes câlins du soir, et tes coups la nuit, pour ta gentillesse envers mes clientes, pour m'avoir écouté me plaindre de tout ce qui m'énerve, pour m'avoir dit que j'étais fraîche presque tout les jours quand j'arrivais à l'atelier,  pour m'avoir appris à donner des coups de coudes retournés, pour avoir été fière de moi, pour les karaoké, pour les prières que tu as guidé, pour les cupcakes, pour m'avoir laissé garder les ballons au plafond pendant des mois, pour tes "Arts of Zaman wuddup"...

Pour toute la part de 2017 dont je ne peux pas parler ici. Pour tout, bien avant 2017. "God, Family, Hustle", always.

 

Et vous, que retenez-vous de 2017?

With love,

Samia

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